Un peu d'histoire


"Des divers systèmes d'écriture retrouvés en Crète, on n'a encore déchiffré que le linéaire B, datant du XVe-XIIIe s. avant J.-C., qui note une langue grecque archaïque. Mis à part quelques allusions des textes égyptiens et orientaux, la Crète n'est connue que par l'archéologie, dont les fouilles ont été inaugurées par Evans en 1900 à Cnossos.
Peuplée à partir du VIIe millénaire, l'île connaît une brillante civilisation, dite « minoenne », au IIIe et au IIe millénaire La prééminence appartient alors à la Crète centrale (Cnossos, Phaistos), aux terroirs plus riches. De grands palais sont édifiés au début du IIe millénaire, et des villes se développent. Des tremblements de terre ruinent, vers 1700 avant J.-C., ces constructions, mais sans arrêter l'épanouissement de l'île du XVIIe au début du XIVe s. avant J.-C., sous la probable prédominance de Cnossos. La mythologie grecque devait en garder la légende de Minos, roi puissant et justicier sévère. La marine crétoise domine la Méditerranée et assure les échanges avec les pays d'Orient : Égypte, Syrie, Ougarit. Le commerce, sous l'étroite dépendance des princes, est alimenté par l'agriculture (vigne, olivier) et par l'artisanat (céramique, tissus peints en pourpre, objets de bronze et orfèvrerie). Les cultes, célébrés en plein air, sont ceux d'une religion de la fécondité, dont le personnage central est la Déesse Mère, la force virile s'incarnant dans le taureau sacré ou se manifestant par la foudre. Beaucoup de ces éléments ont été repris par les premiers Grecs, les Achéens. Dès le XVe s. avant J.-C., ceux-ci dominent, partiellement au moins, la grande île. Ils y introduisent le cheval et le char de guerre. Un empire est organisé autour du palais de Cnossos. Mais celui-ci est détruit vers 1375 avant J.-C. par une nouvelle série de catastrophes. Le déclin est consommé par l'invasion dorienne (XIIe s. avant J.-C.). La Crète devient à l'époque classique le conservatoire d'une civilisation archaïque dont témoigne notamment la loi de Gortyne. Au IVe s. avant J.-C., puis à l'époque hellénistique, l'île, ou les cités ne cessent de se combattre, devient un marché de mercenaires. Les Romains, luttant contre la piraterie, s'emparent de l'île en 67 avant J.-C. et l'associent administrativement à la Cyrénaïque.
La division de l'Empire, en 395 après J.-C., donne à l'île un rôle stratégique. Devenue l'un des principaux avant-postes byzantins, la Crète tombe, en 827-828, au pouvoir des musulmans, qui dominent ainsi la Méditerranée orientale. Ils fondent la forteresse de Khandaq (que les Vénitiens appelleront Candie). En 960-961, les Byzantins recouvrent à la fois l'île et la suprématie navale.
Lors de la création de l'Empire latin de Constantinople, la Crète est donnée à Boniface de Montferrat, qui la vend aux Vénitiens (1204). Ces derniers en font la clef de voûte de leurs possessions. En 1669, ils doivent la céder aux Ottomans qui ont commencé sa conquête en 1645 et assiègent Candie depuis 1647. La Crète constitue dès lors une province (eyalet) de l'Empire ottoman. Elle se soulève à maintes reprises après le déclenchement de la révolution grecque (1821) et obtient son autonomie en 1898. L'union avec la Grèce, proclamée en 1908, est ratifiée par le gouvernement grec en 1912 et le traité de Londres (1913) entérine la fin de la suzeraineté ottomane.
© Larousse 2004".

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