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Les alentours du lac Malawi sont
occupés depuis des siècles par des populations bantoues (Nyanjas, Chewas,
Tumbukas, etc.), qui subissent à partir de 1840 les razzias des négriers
zanzibarites, en même temps qu'elles sont soumises par les Ngonis, éleveurs
chassés du Zoulouland par le roi Chaka. Les Yaos, Bantous à la solde des
Swahilis, installés aux confins Malawi-Mozambique, se font les intermédiaires
des esclavagistes de la côte au détriment des Chewas et des Nyanjas.
Livingstone, qui découvre le lac Malawi en 1859, a décrit les ravages imposés au
pays par la traite des Noirs. Le protectorat
britannique Des missionnaires presbytériens
d'Écosse (Church of Scotland) s'établissent à Blantyre (1875) et à Livingstonia,
suivis en 1878 par les marchands écossais de la Compagnie des lacs
africains. En 1889, l'administrateur anglais,
H. H. Johnston, proclame le protectorat britannique sur les hauteurs de la Shire
et empêche le Portugais Serpa Pinto de s'emparer du territoire. En 1891, le pays
devient le protectorat de la British Central Africa, qui, en 1907, prend le nom
de Nyassaland. La population, demeurée pourtant propriétaire de sa terre, sera
tentée très tôt par le travail salarié dans les deux Rhodésies et en Afrique du
Sud. En 1953, la Grande-Bretagne décide
de la constitution d'une fédération de Rhodésie et du Nyassaland. Le retour au
Nyassaland en 1958 du Dr Hastings Banda, à la tête depuis 1951 du
Nyassaland African National Congress (fondé en 1944) pour s'opposer au projet de
fédération, radicalise les luttes destinées à obtenir l'indépendance. À la suite
des élections d'août 1961 (94 % des voix au parti d'Hastings Banda), la
Grande-Bretagne accorde au Nyassaland (décembre 1962) le droit de se séparer des
Rhodésies. Après avoir bénéficié en 1963 d'un statut de large autonomie, le pays
reçoit l'indépendance en 1964 sous le nom de Malawi. La République
dictatoriale du Dr Banda Le 6 juillet 1966, il devient une
république sous la présidence du Dr Banda, tout en restant dans le
Commonwealth. Le président se rapproche des pays sous domination blanche, le
Mozambique (alors colonie portugaise), la Rhodésie et, surtout, l'Afrique du
Sud, dont il refuse de condamner la politique d'apartheid et où il effectue une
visite en 1971. En contrepartie, Pretoria finance la construction de la nouvelle
capitale, Lilongwe, inaugurée en 1975, et celle d'une nouvelle voie ferrée qui
aboutit à Nacala, au Mozambique. L'accession à l'indépendance du Mozambique, en
1975, puis de la Rhodésie, sous le nom de Zimbabwe, en 1980, isole le Malawi,
qui devient l'unique allié de l'Afrique du Sud dans la région. En politique
intérieure, le Malawi reste soumis au régime du parti unique, le Malawi Congress Party (MCP), le pouvoir étant
concentré entre les mains du président et de son entourage immédiat : Cecilia
Kadzamira, « hôtesse officielle » de la présidence et son oncle John Tembo,
gouverneur de la banque centrale. Le chef de l'État détient la quasi-totalité du
capital de Press Holdings, un trust aux ramifications multiples qui domine
l'économie du pays. À partir de 1975, le pays a
soutenu, au nom de l'anticommunisme, le mouvement rebelle mozambicain, la RENAMO
– appuyée également par l'Afrique du Sud –, contre le régime marxisant de
Maputo. Ainsi, le Malawi ne rejoint pas les pays opposés au régime d'apartheid
sud-africain. Parallèlement, la politique intérieure du Malawi se durcit et le
chef de l'État élimine les dirigeants de l'opposition en exil : Orton Chirwa,
leader du Malawi Freedom Party
(MAFREMO), est arrêté en décembre 1981 (il meurt en prison en 1992) et Attati
Mpakati, dirigeant de la Socialist League of
Malawi (LESOMA), est assassiné en 1983. Le caractère policier du
régime s'accentue : en 1990, Amnesty International dénonce la pratique de la
torture sur les détenus politiques dans les prisons. La « démocratisation » du régime
Cependant, en 1993, la pression
internationale contraint le président à rétablir le multipartisme et, en 1994,
Bakili Muluzi, leader du United Democratic
Front (UDF), remporte l'élection présidentielle devant le
Dr Hastings Banda et le leader syndicaliste Chakufwa Chihana,
dirigeant de l'Alliance for Democracy
(AFORD). L'ancien chef de l'État, âgé de
plus de 90 ans, est traduit en justice pour meurtre, en même temps que Cecilia
Kadzamira et John Tembo. Ils sont tous les trois accusés d'avoir camouflé en
accident de la route, en 1983, l'assassinat du secrétaire général du MCP, Dick
Matenje, potentiellement leur rival. Ils sont acquittés en 1995 (Hastings Banda
mourra en 1997). La coalition précédemment formée par l'UDF et l'AFORD éclate la
même année. En 1996, l'épiscopat catholique dénonce la corruption du nouveau
régime, qui est loin d'avoir achevé la normalisation de la vie politique. Bakili
Muluzi est réélu, en 1999, face à une coalition d'opposition formée du MCP et de
l'AFORD, et menée par Gwandaguluwe Chakuamba-Phiri. ©Larousse 2004 | ||
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